Voici un article très intéressant------Tueur de mots

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Mar 4, 2016 08:16
Voici un article très intéressant------Tueur de mots

J'écris ma pensée personnelle d'abord et vous trouverez cet article tout à la fin.

Le début de cet extrait m'a attirée, « tueur de mots » cela a l'air intéressant. Il s'agit du travail de mise à jour des dictionnaire. Au lieu d'ajouter des mots nouveaux, le tueur de mots cherche à éliminer ceux qu'on utilise très rarement, pour que les dictionnaires ne soient pas chargés.

Dans le deuxième paragraphe, l'utilisation des 4 verbes d'action: (faire)disparaître, rayer, renvoyer,(faire) s'évanouir nous révèle d'une manière dynamique des opérations qu'il avait faites avant de prendre sa retraite, ce qui s'est vraiment déroulé pour tuer les mots. Les mots disparus soit sont éliminés directement, par exemple les noms des centaines et des milliers d’outils, soit sont simplifiés en renvoyant à leur anonymat taxinomique(ici surtout des noms d'animaux).Mais pourquoi tant de mots passent-ils de vie à trépas? Parce qu'ils ont vieilli, parce qu'on les utilise de moins en moins et qu'à la fin, comme les collaborateurs âgés dans les entreprises, ils sont mis à la retraite et voués à l'oubli. Mais je tiens à indiquer par ailleurs que c'est le mot qui disparaît, pas la réalité qu'il recouvre.

Ensuite on apprend quelques mots qui sont déjà disparus pour montrer que le maintien des mots qu'on n'utilise presque jamais n'est donc pas nécessaire.Retenir ces mots n'a pas de sens.

J'ai aussi 2 questions pour ceux qui lisent mon article

1.Que pouvons-nous conclure sur la réalité que représente un mot (outil, animaux, lieux, métiers etc.) et le mot lui-même quant à sa disparition ?

2.Quelle est la contradiction ?

vous pouvez discuter avec moi dans le commentaire si vous voulez
merci beaucoup
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Cinoc, qui avait alors une cinquantaine d’années, exerçait un curieux métier. Comme il le disait lui-même, il était « tueur de mots ». Il travaillait à la mise à jour des dictionnaires Larousse. Mais alors que d’autres rédacteurs étaient à la recherche de mots et de sens nouveaux, lui devait, pour leur faire de la place, éliminer tous les mots et tous les sens tombés en désuétude.

Quand il prit sa retraite, en mille neuf cent soixante-cinq, après cinquante-trois ans de scrupuleux services, il avait fait disparaître des centaines et des milliers d’outils, de techniques, de coutumes, de croyances, de dictons, de plats, de jeux, de sobriquets, de poids et de mesures ; il avait rayé de la carte des dizaines d’îles, des centaines de villes et de fleuves, des milliers de chefs-lieux de canton ; il avait renvoyé à leur anonymat taxinomique des centaines de sortes de vaches, des espèces d’oiseaux, d’insectes et de serpents, des poissons un peu spéciaux, des variétés de coquillages, des plantes pas tout à fait pareilles, des types de
légumes et de fruits ; il avait fait s’évanouir dans la nuit des cohortes de géographes, de missionnaires, d’entomologistes, de Pères des églises, d’hommes de lettres, de généraux, de Dieux & de Démons.

Qui désormais saurait ce qu’avait été le visigraphe, « espèce de télégraphe de vigies qui se correspondent » ? Qui désormais pourrait imaginer qu’il avait existé pendant peut-être des générations une « masse de bois placée au bout d’un bâton pour fouler le cresson dans les fosses inondées » et que cette masse se nommait une schuèle (chu-èle) ? Qui se souviendrait du vélocimane.

VELOCIMANE (n. M.)
(du lat. vélox, occis, rapide manus, main).
Appareil de locomotion, spécial pour les enfants, en forme de cheval, monté sur trois
quatre roues et dit aussi cheval mécanique.
(…)

Cinoc se mit à traîner le long des quais, fouillant les étals des bouquinistes, feuilletant des romans à deux sous, des essais démodés, des guides de voyages périmés, des vieux traités de physiologie, de mécanique ou de morale, des atlas surannées où l’Italie apparaissaient comme un bariolage de petits royaumes.