le 6 octobre 2017 (2)

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Oct 7, 2017 08:48 journal
J'étais déjà passé de nombreuses fois devant, mais pour la première fois, je suis entré dans la préfecture du Bas-Rhin. Alors que j’y suis arrivé assez tôt (vers neuf heures), l’intérieur était bondé. Je me suis perdu sitôt ; j’ai regardé par-ci, par-là et j’ai découvert une pancarte sur lequel il était écrit « Titre de séjour ». La queue que faisaient des gens était déjà très longue. Ce n’est pas un concert de Selena Gomez, ce n’est que pour retirer un titre de séjour ou un permis de conduire, il n’y avait aucune raison de devoir gâcher ma belle matinée. J’étais découragé. Au début, j’attendais distraitement en regardant l’occiput de l’homme qui était devant moi (je devais ressembler à un crétin ou à une personne qui a perdu toute sa mémoire.) mais quelques minutes plus tard, j’ai découvert la phrase « Avec rendez-vous » à côté de « Titre de séjour ». Je n’avais pas pris rendez-vous mais j’étais en effet convoqué. J’ai misé sur l’espoir qu’ils me feraient passer. J’ai quitté la queue et je suis entré dans le hall.
Le hall était rond et il y avait beaucoup de guichets. Je n’avais aucune idée à quel guichet je devais me rendre. Dans un coin du hall, j’ai découvert la phrase ‘’Rendez-vous’’ et j’ai fait à nouveau la queue. Devant moi, il n’y avait que trois ou quatre personnes mais je n’étais pas sûr si j’étais à un endroit correct. Inquiet, je ne cessais de promener mes yeux sur les alentours : au centre quelques bancs étaient mis, des gens qui avaient l’air fatigués (ou simplement ils s’ennuyaient) étaient assis dans un état second. À l’opposé du hall se trouvaient d’autres guiches et une pièce ronde, vitrée qui se chargeaient du permis de conduire. À un autre coin, j’ai vu cette fois une phrase comme « Retirer des titres de séjour ». J’ai quitté cette queue et je m’y suis déplacé. Quelques jeunes gens faisaient la queue devant. Le dernier de la queue était un homme d’âge mûr obèse avec un chapeau russe et devant lui, un garçon et une fille asiatiques attendaient tranquillement. L’homme qui était devant moi ne ressemblait pas à un étudiant mais j’ai eu la conviction que je suis arrivé au guichet que je recherchais.
Quelques dizaines de minutes plus tard, mon tour est venu. L’employé qui s’occupait du titre de séjour d’étudiants était un jeune homme avec un polo rouge. Ses cheveux bruns et courts étaient aplatis. Il avait des yeux limpides et tranquilles. Je lui ai présenté toutes les pièces nécessaires (mon passeport, les timbres fiscaux de soixante-dix-neuf euros, le récépissé etc.) mais il m’a rendu le passeport sans même l’ouvrir. Il a juste vérifié le récépissé et entré mon nom dans l’ordinateur puis il est allé quelque part. Pendant qu’il était absent, j’ai observé l’intérieur de la préfecture. Au fond se trouvait une salle vitrée dans laquelle une femme travaillait à la table. Au mur étaient accrochées quelques photos d’un enfant. À gauche, un homme à la tête rasée criait : «C’est pas moi ! Regardez ! » et il a frappé la table. À droite, une femme voilée errait d’un air agité. Quelques minutes plus tard, il est revenu avec un papier. Il a collé mes timbres fiscaux dessus et m’a donné mon titre de séjour.