Le chat et moi

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Oct 7, 2017 18:27
Chez moi, je réchauffais la soupe d’hier dans la cuisine collective. En attendant la sonnette de la micro-onde, je regardais par la fenêtre. J’habite au quatrième étage. J’avais le même point de vue que des arbres. Un garçon et une fille bavardaient en bas. Des oiseaux noirs blancs sautillaient sur la terre. Quelques moments plus tard, j’ai vu un objet blanc remuer dans la cour. C’était le petit chat avec qui je joue souvent ensemble. Je lui ai crié en japonais : « Ohé ! Neko ! Qu’est-ce que tu fais là ? ». Alors que nous nous étions si éloignés qu’il était aussi petit qu’un grain de pois, il a semblé qu’il m’a reconnu. Il s’est levé et il m’a regardé. Je lui ai crié de nouveau : « Neko ! Bonjour ! ». Il s’est mis à marcher vers moi, au final il est arrivé juste en bas de l’endroit où je lui agitais la main. Il levait la tête et me regardait. Je lui ai dit que j’allais descendre maintenant.
Sans entamer la soupe, j’ai mis mon manteau et je suis descendu. Le chat était de nouveau déplacé. Il était à l’entrée du bâtiment 1. Dès que je me suis assis au bord d’une plate-bande, il est venu vers moi et s’est couché sur mes genoux.
Je lui ai demandé ce qu’il faisait tout à l’heure mais il ne m’a pas répondu. Blotti comme une boule, il ronronnait.
J’ai sorti un court livre de Sakutarô Hagiwara d'une poche de mon manteau. Je me suis mis à lire à voix haute ''la ville des chats''.

'' À cet instant, tout se figea. Un silence d'une profondeur inconnue tomba. Je ne compris pas ce qui se passait. En quelques instants, un phénomène étrange et terrifiant que nul ne n'aurait pu imaginer surgit. Les rues étaient remplies de troupes de chats qui déambulaient par-ci et par-là. Chat, chat, chat, chat, chat, chat, chat. Ils étaient partout. Des fenêtres des maisons, des têtes de chats à moustaches, tels des tableaux encadrés, émergeaient clairement.''

Au bout d’un moment, parmi quelques personnes qui marchaient vers le bâtiment, j’ai reconnu un visage que je connaissais. C’était mon voisin, A. Il a remarqué que je parlais au chat qui entrouvrait les yeux sur mes genoux et m’a demandé ce que je faisais.
« Je parlais au chat.
- Tu parles à un chat ? »
Il était étonné : « C’est bizarre de parler à un chat. » il a dit et il a ri. Si j’avais rencontré quelqu’un qui parlait avec un arbre, je le trouverais étrange, on dirait un lunatique : il faudrait sûrement l'interner à l'hôpital psychiatrique mais pour moi, bavarder avec un chat est quelque chose de normal.
Nous avons causé un certain moment. Il m’a dit que ce soir il allait au ciné avec ses amis et sa copine japonaise. Il m'a demandé si j’aimais bien les rejoindre. Le cinéma m’a intéressé (j’aimerais notamment voir ‘’Denkerque’’). Puis il a ajouté qu’ils iraient à la boîte de nuit et que je pouvais ramener mes amis. J’ai demandé au chat, qui est mon seul ami s’il voulait aller à la boîte de nuit. Il m’a dit (sans doute) que non, il préférait rester sur mes genoux. Alors, j’ai dû refuser sa proposition avec regret. En fin de compte, je lui ai proposé d’aller boire un verre avec lui et sa copine un autre jour.
Je suis resté au même endroit même après qu’il est parti. Le chat dormait si profondément que ses oreilles ne réagissaient plus aux pas de gens. J’ai arrêté de lire le livre et j’ai contemplé son visage endormi. Ses yeux étaient clos. Il étendait sa patte. De temps à autre, il a ronflé bas puis il est devenu tout à fait silencieux. Je me suis inquiété s’il n’était pas mort. J’ai rapproché mon oreille de sa petite tête. Bien entendu, il respirait. Dans le vent frais du début d’octobre, la chaleur du chat était la seule chose, qui pouvait réchauffer ma solitude gelée.