Brautigan

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Dec 7, 2017 06:36 journal
Mon sentiment pèse comme un plomb lorsque je pense à aller à l’université. Même si je suis de bonne humeur comme Heidi dans l’Alpe, dès que je commence à penser à la journée semblable aux autres (les cours ennuyeux, tuer le temps à la cafétéria ou à la bibliothèque etc.), mes sourcils se froncent inconsciemment comme un chirurgien qui a oublié un bistouri dans le ventre de son patient.
J’aimerais dire pour ne pas être mal compris, que mon université n’est pas une mauvaise institution. Je la trouve plutôt ou très bien. Le niveau de l’éducation est élevé, les professeurs sont intéressants (sauf quelques-uns), il y a également beaucoup d’événements et d’activités même si je n’y participe guère. Donc, j’aimerais insister que c’est mon problème personnel et que je dirais la même chose même si j’allais à d’autres écoles. Je n’allais guère au collège, j’ai abandonné mon lycée. Le lycée était une montagne de singes. J’avais quelques amis au collège, mais au lycée, je n’en avais aucun. Ils étaient en rut, idiots et laids. C’est à ce moment-là que j’ai eu le désir suicidaire qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Je n’avais donc pas du tout envie d’aller à l’université japonaise. Plus tard, j’ai passé l’examen d’entrée à l’université japonaise et j’y ai réussi sans problème sauf que je n’y suis pas entré.
En France, j’essaie de ne pas me faire remarquer. Je ne parle que peu, je fais attention à mes mots. Si on me demandait mon film préféré, je répondrais « Toy Story 2 ». Si on me demandait mon roman préféré, je répondrais « Harry Potter ». Par conséquent, je ne connais personne à l’université, mais je n’ai pas de problème de relation humaine non plus. Mon intention était de finir mes études tranquillement, il me semble que ce projet ait déjà échoué.

Après le cours, je suis allé à la BNU. J’ai rencontré un homme grand et barbu qui est toujours à l’entrée. Il est vraiment grand, je pense qu’il atteint même deux mètres. C’est un gardien de la bibliothèque. Il surveille pour que le voleur de livres ne s’y introduise pas. Le voleur de livres est capable de changer de contenu d’un livre et l’histoire qu’il a changée ne redeviendrait jamais comme avant.
Ce gardien ne m’a rien demandé, mais je savais que je devais lui montrer l’intérieur de mon sac à dos. Il a regardé mes cahiers et ma gourde d'un air ennuyé. Puis Il m’a dit :
« Il y a des places au cinquième étage pour travailler. »
Mais je ne comprenais pas.
« Travailler ? Travailler sur quoi ? ai-je demandé.
- Il y a des places au cinquième étage pour travailler, a-t-il répété comme un disque.
- Mais je suis venu chercher un livre de Richard Brautigan…
- Ah, vous êtes venu juste visiter. Vous pouvez passer. »
En montant l’escalier, j’ai sérieusement réfléchi à ce dialogue. Au bout de quelques instants, j’ai finalement compris qu’il l’avait dit parce qu’en ce moment il y a beaucoup d’étudiants qui révisent à la bibliothèque. C’est un des exemples que j’ai du mal à comprendre ce que les gens me disent à l’oral, quelle que soit la langue.
Je suis allé directement à l’étagère de littérature américaine. ‘’L’avortement’’ de Brautigan se trouvait dans le coin. J’ai aussi emprunté un livre de Kenzaburo Oe, ‘’ Une existence tranquille’’. Récemment, je collectionne des tickets d’emprunt de BNU.