le 6 octobre 2017 (1)

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Oct 7, 2017 06:21
Vers la fin des vacances, j’avais un souci que je ne pouvais dire à personne : mon visa allait expier. D’après ce que j’ai confirmé sur le site de la préfecture du Bas-Rhin, les étudiants devaient faire la demande du titre de séjour deux mois avant l’expiration du visa. En même temps, il était écrit qu’ils devaient impérativement faire la demande à l’agora de l’Université de Strasbourg et qu’ils ne devaient pas aller à la préfecture. Mais ces informations indiquaient que l’ouverture de l’agora était le premier septembre. Au final, mon visa a été expié sans être renouvelé.
Je transpirais, je toussotais, ma main tremblait. Je me suis demandé si j’allais à la police pour leur demander de m’arrêter avant qu’ils découvrent que mon visa n’est plus valable. Si j’allais à la police, il y aurait sûrement un policier à une moustache assis sur une chaise de fer. Après avoir écouté mon histoire, il taperait gentiment sur mon épaule et chuchoterait : Tu n’as rien à t’inquiéter. Tout ira bien. Il m’amènerait ainsi à une salle cachée en sous-sol de ce commissariat. Je serais détenu. Il est marié et il a quatre enfants mais en réalité, il est sadiste et gay. Il me ferait ensuite plein de ‘’jeux’’ avec moi. Après cent jours de détention, il ouvrirait la porte et me dirait : Le Président de la République a ordonné de vous exécuter. En France, la peine capitale a été abolie en 1981 sous le gouvernement de François Mitterrand mais le Président vous a accordé des mesures d’exception. Vous serez honorablement guillotiné devant le public.
J’imaginais de telles choses dans ma tête.
Vers le début de septembre, je me suis rendu à la Platane. Dans l’entrée, deux femmes étaient assises et regardaient loin d’un air ennuyé. J’ai demandé à l’une d’entre elles où se trouvait l’agora.
« C’est là. », m’a-t-elle dit en indiquant les étudiants qui faisaient la queue juste derrière ces deux femmes.
Je l’ai brièvement remerciée et j’ai rejoint cette queue.
À mon tour, j’ai expliqué ma situation à une employée de la préfecture. C’était une femme noire souriante, elle faisait attention à ne pas échapper le moindre mot de mon français maladroit.
« E, e, e, e, en fait, je, je, je…. »
J’ai commencé mon histoire en bégayant comme le Storm Trooper de ‘’La ballade de l’impossible’’.
En gardant le beau sourire, elle m’a assuré que je ne serais pas arrêté, mais que je devrais sans doute payer une amende.