Vers l’inexploré, de nouvelles voies, un nouveau monde. (résumé)

  •  
  • 183
  • 4
  • 2
  • French 
Dec 15, 2016 00:37
Au cours de la deuxième moitié du XV siècle, poussés par le besoin d’or et par l’évangélisation des peuples préconisée par l’église, l'Espagne et le Portugal ont exploré de nouvelles routes vers les Indes.
Tout d’abord, après la conquête de Constantinople en 1453 par le turcs, l’Asie s’est « éloignée » de l’Europe, c’est-à-dire les échanges avec l’orient sont devenus plus difficiles et donc plus chères.
Cette hausse des prix a obligé les pays d’Europe à rechercher outre-mer l’or et les métaux précieux, pour payer les marchandises provenant d’Orient.
Ensuite, la prise de Constantinople a représenté, elle aussi, une perte importante pour l’Eglise, qui dès ce moment-là, pour faire face à l’avancement de l’Islam, s’est détournée vers l’Orient, pour évangéliser de nouvelles populations. En parallèle, le 2 janvier 1492, l’Espagne remportait une importante victoire et, ainsi, chassait les Arabe de l’Europe tandis que le Portugal se tournait vers l’Afrique envisageant une alliance avec le Prêtre Jean, prince chrétien, contre les Turcs.
C’était le début de la Renaissance et de nouvelles théories sur la rotondité de la terre commençaient à se diffuser en Europe. De plus, grâce à la caravelle, voilier plus rapide est adéquat aux hautes mers, et grâce aux progrès techniques comme la boussole pour s’orienter et l’astrolabe pour estimer la latitude, Espagnols et Portugais s’ élançaient dans la navigation océanique ; les uns à la recherche d’une voie occidentale vers les Indes, les autres vers les Sud-est côtoyant l’Afrique.
Enfin, cette nouvelle expansion de l’Europe a dessiné une société totalement révolutionnée. D’une part, dans un cadre économique-politique, vu la nouvelle importance des routes atlantiques, Espagne et Portugal ont accru leur suprématie au détriment de Vénice et Gênes. D’autre part le grand afflux d’or et de métaux précieux a causé une inflation monétaire et a bouleversé toute la société, provoquant l’escalade de la bourgeoisie et l’appauvrissement des seigneurs terriers.
La découverte d'un monde nouveau

A la fin du 15ème siècle, l'Europe souhaite élargir ses horizons. Recherche d'une nouvelle route des épices, désir d'évangélisation, esprit d'aventure..., les facteurs qui ont déclenché la découverte du Nouveau Monde sont aussi nombreux que leurs conséquences.

La soif de richesses
Au 15ème siècle, les Européens n'ignorent rien des richesses de l'Asie. Les soieries, les pierres précieuses, les épices utilisées tant en cuisine qu'en médecine (poivre, muscade, cannelle, clou de girofle...) proviennent des Indes. Les caravanes arabes alimentent les ports de la Méditerranée orientale et les commerçants génois et vénitiens revendent ces denrées de luxe en réalisant de plantureux profits. La prise de Constantinople par les Turcs en 1453, va rendre les échanges avec la lointaine Asie encore plus difficiles et accroître leur coût.
Le commerce avec l'Orient exige, en effet, des quantités énormes d'or. A cette époque, le billet de banque ou le chèque n'existent pas ; la lettre de change n'est pas encore aussi répandue qu'elle le sera aux 16ème et 17ème siècles. Tous les échanges se règlent en espèces (or ou argent presque pur). Mais l'Europe commence à manquer de numéraire. L'or provenant du Soudan fait croire à de fabuleuses richesses en Afrique tandis que l'intérêt des voyageurs s'éveille pour les métaux précieux d'Asie.
La vocation missionnaire
Depuis 1453, année de la perte de Constantinople, l'Eglise cherche à remporter une victoire contre l'islam. Ce sera chose faite le 2 janvier 1492 lorsque les souverains chassent les Arabes du royaume de Grenade, dernier bastion musulman en Europe. La même année, les rois Catholiques, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, signent l'édit d'expulsion de près de 250 000 juifs. L'unification politique et religieuse de l'Espagne est réalisée.
Constantinople et Jérusalem aux mains des Musulmans, l'idée de croisade peu à peu abandonnée, l'Europe se détourne de l'Orient. Elle regarde désormais vers l'ouest et son désir d'évangéliser des populations se fait jour.
Quant aux Portugais, ils espèrent découvrir un mystérieux royaume qui s'étend en Afrique orientale et dont le prince est chrétien : le Prêtre Jean. En concluant une alliance avec lui, ils pourraient peut-être prendre les Turcs à revers.
La révolution géographique
En ce début de la Renaissance, bien des idées fausses se mêlent aux vraies. Certains pensent que l'océan devient bouillonnant au sud sous l'effet des chaleurs ; d'autres, que le Paradis terrestre lui-même se cache derrière l'horizon. Ces idées se modifient grâce aux Arabes qui diffusent les théories des géographes grecs. L'idée d'une Terre ronde et d'un même océan baignant l'Afrique et l'Asie s'impose. En outre, les récits de Marco Polo (13ème siècle) révèlent l'existence du Cipangu (le Japon) et du Cathay (la Chine). Il serait donc possible d'atteindre les Indes par l'ouest.
Les progrès de la navigation
Les marins vont pouvoir se lancer à l'assaut de l'océan atlantique grâce à toute une série d'innovations techniques. Au 15ème siècle apparaît la caravelle. Plus rapide (elle peut atteindre 10 km/h), pourvue d'un gouvernail d'étambot (un volet vertical et mobile fixé sur le prolongement arrière de la quille d'un navire), de trois mâts et cinq voiles, d'un bordage élevé, elle est apte à affronter la haute mer.
Encore faut-il s'orienter sur l'océan. En leur indiquant le Nord, la boussole aide les marins à garder leur cap. L'astrolabe leur permet d'estimer la hauteur des étoiles au-dessus de la ligne d'horizon. Ainsi, ils calculent approximativement leur latitude, c'est-à-dire leur position par rapport au Nord et au Sud. Les portulans ou cartes maritimes représentent fidèlement le littoral et signalent les écueils. Ce sont de véritables guides pour la navigation côtière.
La route des Indes
Les Portugais sont les premiers à se lancer dans l'aventure en longeant les côtes africaines, ils choisissent de rejoindre les Indes par le Sud-Est. Christophe Colomb recherche, pour le compte de l'Espagne, une voie occidentale vers les Indes. Il découvre le Nouveau Monde, mais reste convaincu d'avoir atteint l'Asie. Le traité de Tordesillas mettra fin à la rivalité hispano-portugaise en accordant, à l'Espagne, les terres situées à l'ouest des Açores et, au Portugal, les terres situées à l'est (y compris la moitié ouest du Brésil).
L'essor de l'économie
Grâce aux grandes découvertes, l'Espagne et le Portugal fondent les premiers empires coloniaux européens avec lesquels ils détiennent le monopole du commerce.
L'expansion européenne bouleverse les routes commerciales. L'Atlantique acquiert l'importance qu'avait jusqu'alors la Méditerranée. Venise et Gênes perdent leur primauté au profit de Séville et de Lisbonne. Anvers devient un centre de redistribution des produits coloniaux vers l'Europe du Nord.
L'exploitation des mines du Pérou et du Mexique combinée à l'arrivage de l'or africain provoque un afflux de métaux précieux sur les marchés européens. L'accroissement de la masse monétaire (les moyens de paiement) amène une hausse des prix.
Une nouvelle société
Cette inflation du 16ème siècle a d'importantes répercussions sociales. Les premières victimes sont les seigneurs terriens qui, appauvris par l'insuffisance de leurs revenus, n'ont d'autres ressources que de se mettre au service du roi, lequel renforce son pouvoir. Par contre, cet afflux de métaux précieux accentue l'ascension de la bourgeoisie. Les commerçants, les banquiers font fortune et favorisent les progrès de l'industrie (textile, imprimerie, métallurgie, ...)
Les grandes découvertes ont façonné une nouvelle Europe tant économique et sociale que politique et scientifique.
Actuelquarto, octobre 1992.