Ma ville natale, Fukushima ( 五行詩文 )

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Mar 25, 2012 00:46
" Pourriez-vous corriger l'édition finale ? "

Ma ville natale, Fukushima


Chaque été la plupart des Japonais retournent dans
leur ville natale et prient devant les tombes de leurs
ancêtres.Cette tradition bouddhiste est appelée " Obon(お盆) " en japonais. Dans le respect de la tradition, je suis retourné l'été dernier dans ma ville natale, Fukushima, afin de prier pour mes défunts parents. Mais cette fois en 2011, j'ai hésité à revenir à cause de
la contamination occasionnée par la fuite de la centrale nucléaire de Fukushima. Ma ville natale est devenue très dangereuse depuis le 11 mars 2011. Le vent a
dispersé le césium de la centrale dans tout Fukushima.
On dit que le césium peut causer de futurs cancers chez
les enfants et les bébés. Après avoir hésité pendant
quelques jours, j'ai décidé d'y retourner malgré cela,
car je crois être trop vieux pour contracter un cancer à cause de la radioactivité.
En août, je me suis rendu là-bas en bus. Quand j'en
suis descendu, les champs de Fukushima s'étendaient
à perte de vue.

Je ne puis croire
qu'ils aient été contaminés,
devant ces champs
verdoyants, verdoyants,
et si brillants.

J’ai été hébergé chez mon frère et ai fait une
promenade avec mes neveux le lendemain. L’un d’eux
a dit : " Oh, j'ai oublié d'emporter mon dosimètre ! "
Il est retourné à la maison et l'a rapporté. Les enfants
à Fukushima accrochent toujours leurs dosimètres
autour du cou quand ils sortent, pour que leurs
instituteurs puissent vérifier leurs taux de radiation.
Nous avons fait une promenade dans le parc près de la
rivière.

Les enfants s’accrochent
des dosimètres autour du cou
même quand ils jouent
à chat avec moi
dans le parc verdoyant.

Mais il n'y avait aucun autre enfant jouant dans le parc sauf nous. Peut-être que les autres jouaient aux jeux électroniques ou regardaient la télé chez eux afin d’éviter le vent de césium. Les instituteurs des écoles leur avaient dit de jouer chez eux aussi longtemps que possible.
Un après-midi, il a commencé à pleuvoir tout à coup. Sous la pluie, notre chat s'est précipité vers la maison de mon frère et s'est assis sous l'auvent.

Notre chat
est ignorant
qu’il lèche
la pluie de césium
de son pelage mouillé

Des résidents habitant près de la centrale se sont enfuis après les fuites radioactives. Les parents, avec leurs jeunes enfants ou bébés, ont cherché refuge loin de là. Seules les personnes âgés sont restées.

Bien que les habitants
veuillent s'enfuir,
ils n'ont nulle part où aller,
ni travail, ni maison
ailleurs qu’à Fukushima.

En particulier les vieux fermiers près de la centrale, riches ou non, ils n’ont pas voulu chercher un refuge ailleurs.
Ils ne voulaient ni apprendre un nouveau dialecte, ni de nouvelles coutumes, ni laisser leurs voisins et amis. Ils sont restés dans leur ville natale pour vivre leurs dernières années tranquillement.

Bien que les officiels disent
" Fuyez votre village ! "
les vieux fermiers refusent
puisqu'ils veulent rester
dans leur ville natale, Fukushima.

Les vieux fermiers
comme les plantes
ont leurs grosses racines
profondément ancrée dans la terre
de Fukushima.

À travers Fukushima,
les vieux fermiers
veulent revenir
à leur vraie ville natale :
La Terre elle-même.

La Terre
est le repos sombre
oü ils renaîtront
à l’avenir :
leurs prochaines stades.

Fukushima était célèbre pour ses fruits : les pommes,
les poires et les pêches. Quand nous regardions un match
de football à la télévision ensemble dans la salle de séjour
de mon frère, sa femme a épluché une pêche pour moi.

         Je mange
         la pêche rosée.
         Elle était délicieuse,
         mais une trace de césium
         est entrée dans mon corps.



        Je ne peux ni voir le césium,
        ni l'entendre,
        ni le sentir,
        C'est l’invisible
        ennemi.

Pourtant, à parler franchement, je ne savais pas si une trace de césium était mon ennemi. Des spécialistes disaient que c'était bon pour la santé aussi longtemps que c'est justement une trace. D'autres que c'était très dangereux. Je ne sais pas lequel dit vrai. À parler strictement, même les spécialistes ne connaissent pas la vérité. Dans le futur, je saurai si que le césium nous apportera du bien ou du mal. Cependant, maintenant, je veux savoir si, dans l'avenir, j'aurai un cancer.

C'est
la commune inquiétude subconsciente
de beaucoup de résidents
proches de la centrale nucléaire
de Fukushima.

J'ai parlé de la contamination radioactive avec mon frère. Ce qu'il a dit sur un laitier était un grand choc pour moi. J'ai examiné les détails ,en lisant beaucoup d'articles sur lui dans les magazines et journaux. Le résumé est ci-dessous.

Un laitier âgé de 54 ans habitait dans
un petit village près de la centrale nucléaire
de Fukushima avec sa femme philippienne
et ses deux fils. Sa famille était très heureuse,
puisqu'il possédait environ 40 vaches et travaillait
bien avec sa femme tous les jours. Il
a construit un nouvel atelier pour gagner
plus d'argent, parce que ses fils étaient
très jeunes.Il avait préparé un nouveau
cartable pour son fils, et attendait que la
cérémonie d'entrée à l'école primaire se
tienne en avril. Mais il y a eu une explosion
à la centrale nucléaire de Fukushima, suite
au grand tsunami qui a frappé la région le
11 mars 2011. Le vent a dispersé le césium
de la centrale à travers les champs,
montagnes et maisons de son village. Le lait
de ses vaches contenait beaucoup de césium,
car il les nourrissait avec l'herbe qu'il fauchait
chaque matin. Il a dû jeter tout le lait contaminé
par le césium chaque jour.
Sa femme a fui le village pour les Philippines
avec leurs deux fils avant la cérémonie d'entrée
à l'école primaire, parce qu'ils étaient inquiets
pour la santé de leurs fils. Il est resté tout seul
et a continué à travailler à Fukushima pendant
quelque temps. Mais enfin il a renoncé à traire
ses vaches et il a rejoint sa femme et ses
fils aux Philippines.
Pourtant, il n'a pas pu comprendre la langue, ni
trouver du travail là-bas. Il est revenu à Fukushima
tout seul en mai. Cependant il n'y avait plus
aucune vache, ni sa famille dans son village.

Un laitier
a laissé ce message
sur la planche d'un mur :
"Si la centrale n'avait pas explosé,
je ne me serais pas suicidé."

Il était un cerisier déraciné.
Je suis allé au célèbre site touristique avec la famille de mon frère. Mais il y avait peu de visiteurs par peur du césium alors qu'il était bondé d'enfants dans le passé pendant les vacances d'été.

Reviens,
reviens,
ancienne Fukushima
où les enfants jouaient dehors
heureux avec leurs parents.

Après la fuite radioactive, beaucoup de parents et de fonctionnaires ont commencé à nettoyer le césium de la terre de toutes les crèches, écoles et lycées à Fukushima. Les résidents étaient en train de balayer leurs maisons, jardins et routes. Les fermiers ont continué à dégager leurs champs, les forêts et les montagnes pendant plusieurs mois. La plupart des habitants ont continué à nettoyer tout Fukushima.

La terre et le vent,
les poires et les pêches,
les chats et les humains,
que tous les êtres
renaissent à Fukushima.
 
Chaque printemps je vais à Miharu près de la centrale pour contempler les belles fleurs de cerisier. L’ arbre le plus célèbre de la région est vieux d'environ 10 siècles. Il est très grand et ses fleurs s’étendent vers le ciel bleu. Les résidents l'appellent " Takizakura" parce que "taki" signifie "cascade" et "zakura" signifie "fleurs de cerisier" en japonais. Les fleurs ressemblent à une cascade rosée qui coule du ciel d’azur. Je me rendrai à Miharu pour puiser l'énergie des fleurs de cerisier au prochain printemps.

Nous chanterons une chanson
et danserons encore
autour des fleurs du grand cerisier
dans notre ville natale,
Fukushima.

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